
Attendu depuis deux ans dans le Minnesota, Ricky Rubio a électrisé les fans des Timberwolves en seulement deux semaines. (© NBA/Getty)
Tous les quinze jours, nous reviendrons sur cinq évènements marquants de la NBA. Pour ce début de saison, le spectacle est assuré par les Européens!
1 – RICKY RUBIO, TAILLE MAXI A MINNY
Deux ans d’attente balayés en six matchs? C’est l’effet Ricky Rubio à Minneapolis. Drafté en 2009, l’Espagnol avait préféré continuer sa carrière en Espagne, dans une Liga ACB où il a débuté à 14 ans. Sans affoler les statistiques, mais le temps de se construire un palmarès conséquent. Vainqueur de l’Euroleague 2010, champion d’Espagne 2011 et deux Eurobasket dans la poche, en 2009 et 2011. Mais le jeune ibérique suscitait les interrogations devant un net ralentissement de sa progression.
Son arrivée tonitruante en NBA a donc inversement frappé les esprits. Avec 9,3 points, 7 passes, et 3,8 rebonds en presque 28 minutes par match, le rookie apporte un poids inespéré aux moribonds Timberwolves. Ses passages sur le terrain se traduisent par un avantage de plus de 14 points en faveur des Timberwolves. Soit quasiment le même rendement que Tony Parker aux Spurs! Kevin Love et ses partenaires se régalent des caviars de Rubio, même si seulement deux victoires viennent valider ce postulat.
2 – CHICAGO ET MIAMI EN FAVORIS, PORTLAND EN TROUBLE-FÊTE
Même après six mois d’arrêt forcé, les bolides de l’Est n’ont pas manqué le départ. Chicago a volé une victoire aux Lakers le soir de Noël et l’a payé le lendemain à Golden State. Depuis, Derrick Rose justifie son statut de MVP et les Bulls assument leur rang avec cinq victoires de suite, dont un retour d’enfer sur les Hawks. Atlanta, facile face aux cancres, est aussi la seule équipe à avoir mis à terre Miami. Le Heat, légèrement remanié à l’intersaison, se balade pour l’instant avec 7 victoires en 8 rencontres. Et a trouvé les ressources pour prendre une revanche sur Atlanta en triple prolongation, sans James et Wade, blessés! Autant dire que Floridiens et Illinoisans s’imaginent déjà en découdre pour le titre final de la conférence.
À l’ouest, le trône est occupé par les insouciants Portland TrailBlazers. Souvent moqués pour leur manque de chance ou de clairvoyance, les joueurs de l’Oregon ont décidé de ne plus se morfondre et foncent. Oklahoma City et les Lakers n’ont pas pu contenir la 3ème attaque de la Ligue. Les Blazers, atypiques sans pivot dominant offensivement, scorent tout azimut et possèdent avec 6 joueurs à plus de 10 unités de moyenne! Mais attention, les rotations ne sont pas nombreuses et à seulement huit joueurs très actifs, Portland court le risque du surmenage.
3 – DALLAS, MARCHE OU CRÈVE
C’est LA déception de ces deux premières semaines de compétition. Où est le champion? Les Mavs, auteur du run parfait lors des play-offs 2011, affichent un triste bilan de 3 victoires et 5 défaites. Indignes de Dirk Nowitzki et compagnie, qui restent sur 11 saisons consécutives à plus de 61% de succès… Les nouveaux venus de l’effectif, Odom, West ou Carter, sont pour l’instant bien fades et le duo Nowitzki-Terry ne peut à lui seul faire des miracles. Loin d’avoir trouvé la bonne carburation, les Mavericks savent que leur temps est compté dans une saison dense, où le moindre coup comptera à l’Ouest. Il faut engranger des victoires et vite.
La fin de janvier semble propice, avec des équipes plus faibles que les poids lourds rencontrés précédemment. Car Miami, Oklahoma City ou San Antonio, c’était l’indigestion assurée pour attaquer la défense du titre. Mais Dallas doit surtout se concentrer sur ses propres lacunes pour retrouver sa cohésion de juin. À moins de tenter un ultime coup de poker sur le marché des transferts et de sortir le chéquier pour attirer Dwight Howard avant le 15 mars…
4 – LA FRANCE D’EN BAS
Ça ne chôme pas chez les bleus! Honneur cette semaine aux pivots avec leur plus étonnant représentant, le capitaine des Bleus, Boris Diaw, monstrueux par deux fois avec les Charlotte Bobcats. Si la première face à Miami (16 pts – 16 reb – 8 passes) n’a pas été victorieuse, “Babac” a démoli a lui seul New York, en ridiculisant les intérieurs des Knicks sur le parquet du madison Square Garden. 27 points, 3 rebonds, 6 passes, tout le répertoire y est passé! Inarrêtable, le couteau suisse tricolore peut porter Charlotte sur son seul talent. Mais difficile de reproduire la performance tous les soirs.
Pour un duo d’autres postes 5 français, le début de saison est également prometteur. Noah, dans son rôle de chien de garde de l’arceau, cumule les succès et les bonnes performances avec Chicago, même si ses moyennes personnelles sont en recul par rapport aux deux dernières saisons. Ian Mahinmi est de plus en plus responsabilisé à Dallas et a sorti son record de points en carrière (19) face à Toronto. L’ancien havrais décolle enfin après plusieurs saisons gâchées par des blessures.
La piste d’envol en 2012 est en revanche toujours bouchée pour Pétro, Séraphin et Turiaf. Aux nets, Johan Pétro bénéficie au mieux d’un temps de jeu aléatoire. À Washington, Kévin Séraphin ne foulait quasiment pas le terrain derrière Ronny Turiaf, avant que l’infortuné martiniquais ne se fracture la main gauche. La même blessure qui avait entrainé son forfait à l’Eurobasket. Et les deux pivots sont coincés dans la pire franchise de la Ligue, la seule toujours sans succès aujourd’hui…
5 – CALENDRIER RESSERRÉ, DÉGÂTS ASSURÉS!
En programmant 66 matchs par équipe entre le 25 décembre au 26 avril, la NBA savait qu’elle prenait des risques. De blessures évidemment, mais aussi de voir certains matchs assez peu disputés, voire très facilement lâchés. Trois exemples simples en ce début de saison régulière avec Charlotte qui coule à Miami (90-129), Memphis balayé à Chicago (64-104) ou Dallas, complètement absent à San Antonio (1/19 à longue distance, 42 points inscrits après 3 quart-temps). Par exemple, il semble impossible d’assister à ce type de retournement de situation cette saison:
Mais avec ce calendrier resserré, les entraîneurs des grosses cylindrés sont obligés d’ouvrir leur banc et donneront du temps de jeu à l’ensemble de leur effectif ou presque lors des quatre mois de saison régulière pour éviter justement la blessure fatale des superstars. Y aura-il des joueurs capables de profiter de l’aubaine pour grimper dans la hiérarchie?
Frédéric Mazéas

